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Lorsqu’on cherche à maigrir, le corps se rebiffe et devient économe en énergie. Le métabolisme de base baisse… et souvent on reprend du poids
Si l’on a du mal à maintenir son poids après avoir minci, ce n’est pas un échec personnel ni un manque de volonté, mais une réponse physiologique prévisible. En effet, en vertu d’un mécanisme biologique, notre métabolisme s’adapte à la restriction. Il pourrait, en outre, devenir plus ou moins économe en énergie
« Le retour à un poids normal s’accompagne d’une augmentation de la masse grasse si on ne pratique pas d’activité physique, affirme le Dr Cédric Moro, directeur de recherche et chef d’équipe Inserm à l’Institut des maladies métaboliques et cardiovasculaires, à Toulouse. Tandis que la masse musculaire, qui elle aussi a fondu, ne revient pas à son niveau initial. » En clair, non seulement on devient souvent plus gras après un régime, mais en plus on est moins musclé.
Ce n’est pas la seule explication à la reprise de poids : après un régime, la capacité des cellules adipeuses qui stockent les graisses, dites adipocytes, à les brûler (la lipolyse) est altérée – et plus on multiplie les phases de restriction et de reprise de poids, plus elle l’est. Les adipocytes, eux, qui n’ont pas diminué pendant la diète, se « gavent » dès que l’on mange à nouveau normalement.
Enfin, une baisse des apports caloriques envoie un signal d’alarme aux centres de contrôle du poids dans le cerveau : pour éviter la panne sèche, les dépenses énergétiques baissent et la sensation de faim s’accroît, afin de nous inciter à refaire « le plein ». L’appétit augmente parce que la sécrétion de leptine, hormone sécrétée par les adipocytes qui contrôle la sensation de satiété, diminue.
Ces conséquences physiologiques expliquent pourquoi plus on perd du poids, moins on est en mesure d’en perdre. « Les modifications de la régulation du stockage énergétique peuvent devenir irréversibles, en grande partie en raison de la réduction significative du métabolisme de base et de l’augmentation de l’appétit »
Bon à savoir Notre dépense énergétique atteint son apogée vers l’âge de 1 an, puis elle décroît jusqu’à nos 20 ans. Elle reste ensuite stable jusqu’à 60 ans, âge où elle se met à décliner progressivement, autour de 0,7 % par an. C’est ce que révèle une étude publiée dans la revue Science en 2021. Une prise de poids à la trentaine ne peut donc pas être liée à la baisse du métabolisme de base avec l’âge. La prévalence de l’obésité et du surpoids passe de 21,9 % entre 18 et 24 ans à 40,1 % entre 25 et 34 ans, révèle l’enquête épidémiologique nationale conduite en 2024 par Odoxa pour la Ligue nationale contre l’obésité.